Ce que vous avez toujours voulu savoir sur les conseils de classe…

Publié dans Non classé le 16 février, 2008 par nathastar

Ce soir, c’est le conseil de classe des 3ème 4… Début prévu pour 17h30. Tout le monde est là : les profs, les élèves délégués, le préfet des études, le professeur principal. Nous aimons bien commencer les conseils à l’heure pour ne pas terminer trop tard car le lendemain on recommence pour une autre classe, le surlendemain aussi etc.

Tout le monde est là ? Mais non !! Il manque la mère déléguée !! Le préfet des études vérifie dans son courrier… Mais si, elle a bien été prévenue de l’heure, oui oui, de la date aussi. Euh… du bon mois aussi ? Mais ouiii !!! Toc toc ! Entrez ! “Oh, je suis en retard ? Je n’ai pas réussi à me garer dans le quartier, excusez-moi, c’est mon portable, allo ? Oui, non, écoute chérie je suis en réunion là (gloussements), je te rappelle ! Oh excusez-moi, je pense que je vais l’éteindre.”( Oh ! Miracle !!)

Ca y est, toute la salle connaît l’odeur du dernier parfum de chez Dior et la dernière tendance chez Prada. Pouvons-nous enfin commencer ?? NON !!! Où est Luc ? Luc ? Mais je l’ai vu ce midi en salle des profs, il est donc là !! Luc, c’est le prof de maths, et sans le prof de maths, un conseil ne peut pas avoir lieu. Sachez-le une fois pour toutes, si vous avez vraiment besoin de vous sentir indispensable dans la vie, devenez prof de maths ! Non, pas médecin, ni Président de la République, ni curé, ni psychanalyste ni chirurgien esthétique, non, devenez prof de maths ! Sans vous, une école ne tourne plus. Et ça, le prof de maths, il le sait, alors le prof de maths, il peut être nul, détesté de tous ses élèves, sentir mauvais, on va toujours l’accueillir à bras ouverts. Peut-être que sa femme ne le supporte plus, ses enfants ont renoncé, ses voisins ne lui adressent plus la parole, même son chien ne veut plus aller se promener avec lui, peu importe, à l’école, il est indispensable, et cela doit suffire à certains.

Toc, patatras, Luc fait une entrée remarquée dans la pièce, ne s’excuse pas, demande pourquoi on ne lui a pas laissé une place, rechigne à aller chercher une chaise dans une salle de classe, est chargé comme un mulet, mais finit par se poser et surtout par se taire. Ah, on peut ENFIN passer aux choses sérieuses !!

Le professeur principal mène le conseil et décide de laisser en premier la parole à la mère déléguée (entre collègues, on se jette des coups d’oeil mi-amusés mi-effrayés… à quoi va-t-on avoir droit cette fois-ci ?) Il faut savoir que souvent la mère déléguée parle surtout en son propre nom et celui de son enfant et cela ne reflète pas du tout l’avis général des parents d’élèves.

“J’ai essayé de joindre quelques parents hier soir (voyez l’importance qu’elle y accorde…), et malheureusement je n’ai pu en joindre que 6 (sur 35, en effet, ça fait léger), mais j’ai pu également en parler à des dîners (je me disais bien aussi, petite cachotière !) et l’ensemble des parents pensent qu’il y a une bonne ambiance dans la classe (ah bon? dans cette 3ème il y a une bonne ambiance ??) mais les élèves ne comprennent pas pourquoi ils doivent étudier des textes aussi difficiles en français, ce sont encore des enfants !”

Le professeur de français ne s’attendait pas à cela, je le vois sur son visage. Mais voyons, Madame, ce sont des textes qui sont au programme en 3ème, je ne vais pas leur faire lire Oui-Oui quand même !

“Bon, sinon ils pensent qu’il y a un peu trop de travail à faire du jour au lendemain et ils sont fatigués.”

Je lui dis que je ne pense pas que les élèves se plaignent d’avoir trop de tavail du jour au lendemain, car qu’il soit à faire du jour au lendemain ou d’une semaine sur l’autre, une grande majorité de la classe ne le fait pas du tout, alors moi j’aimerais bien comprendre ! Approbation générale de mes collègues, rougissement des élèves délégués, clouage de bec de la mère déléguée.

A -t-elle encore des choses à ajouter, demande le professeur principal ? Non, rien de particulier. Nous la remercions tous, surtout que nous avons un mal fou a trouver des parents délégués, alors il faut vraiment essayer de ne pas trop les fâcher, hein !!

La parole est alors aux élèves délégués, qui, en règle générale (au collège du moins, au lycée c’est un peu différent, quoique…), n’ont rien à dire, sauf pour la cantine qui n’est jamais assez bonne, l’attente trop longue et l’ambiance de la classe qui est bonne (même si tout le monde sait que dans cette classe il y a un bouc émissaire). Mais c’est la loi, nous devons avoir des représentants des élèves !

Les professeurs font alors un “tour de table”, où chacun parle de façon générale de la classe, afin que la mère déléguée puisse faire un rapport à l’ensemble des parents d’élèves. Nous craignons certains collègues, qui monopolisent la parole, qui s’écoutent parler et qui rentrent dans des détails concernant leur matière qui n’intéressent personne, sauf eux. “Alors quand nous avons attaqué les fonctions affines, certains élèves blabla ” Ouhla, les fonctions affines, mais de quoi il parle, Luc ?? Mais, c’est le professeur de maths !! La mère déléguée prend plein de notes (avec un tout nouveau modèle Mont Blanc, tiens, sympa ce modèle, très sympa !).

Une heure plus tard, les élèves et la mère s’en vont, nous sommes seuls youpiii, on peut enfin se lâcher !! (Ils n’assistent pas à tout le conseil dans mon établissement). On respire un bon coup, le professeur principal sort des gâteaux et des boissons d’une cachette magique et tout le monde se jette dessus, pire qu’à un goûter pour enfants, il ne manque plus que les dragibus et les carambars !

Puis on passe au “cas par cas”.Pour certains, cela va très vite, Agnès, bien, félicitations, le suivant siouplé ! Arthur, bon, Arthur, Luc, tu en penses quoi toi, d’Arthur ? NON, ne demandons pas à Luc !!! Bon, d’accord, sers-moi un autre verre s’il te plaît…

Aymeric, aaaaah, Aymeric, rhooo, alors celui-là, mais il ne comprend rien à rien ce pauvre garçon, non, ce n’est pas juste un manque de travail, tu en penses quoi, toi ? Moi ? Ce que je pense d’Aymeric ? Je pense que ce garçon est totalement ascolaire et qu’il serait plus épanoui dans une autre structure que la nôtre et que c’est vraiment un cas social et j’en ai assez !!! Tout le monde est d’accord, Luc ne dit rien, il mâchouille un petit gâteau, les autres suivent.

Si j’ai bien compris quelque chose dans un conseil de classe, c’est qu’il faut tout de suite regarder qui sont les meneurs et qui sont les suiveurs. Et ce ne sont pas ceux qui parlent le plus qui sont obligatoirement les meneurs, ce qu’il faut, c’est dire les choses au bon moment et faire en sorte que tout le monde vous suive. C’est assez sympa comme exercice. A écouter Ariane, professeur de latin, la petite Marie-Laure est une élève qui essaye mais qui n’y arrive pas. Ah bon ? Tu crois ça ? La petite Marie-Laure n’y arrive pas, car elle n’essaye même pas, elle se fiche de nous, ne tombe pas dans son panneau voyons !! Ah bon, tu crois, enfin, oui, tu as peut-être raison, en effet, pour le dernier contrôle oui, en effet etc.

Sophie ? Mais Sophie ne pense qu’aux garçons ! Oui, elle a bien raison de penser aux garçons, mais en dehors de ça, elle ne pense à rien d’autre, allez, on lui colle un averto à celle-là, elle ne l’aura pas volé, na !

Trois heures et demie plus tard (n’allez pas croire que ce sont des heures sup., SVP), nous faisons le bilan de cette classe, 19 avertissements, du jamais vu dans cette école, mais ce n’est pas grave : l’ambiance y est si bonne !!!

Bienvenue en France !

Publié dans Non classé le 14 janvier, 2008 par nathastar

C’est le grand jour, les correspondants allemands arrivent aujourd’hui ! Ils se connaissent déjà à présent, tout devrait bien se passer, pensez vous. Vous vous faites des illusions…

“Madaaaaame, je ne sais pas si c’est une bonne idée ! Je ne veux plus qu’il vienne chez moi, mon corres’, je pense qu’il vaut mieux qu’il aille dans une autre famille !” Allons bon, c’est quoi cette crise de nerfs, là, ici, sur le quai de la gare ?

“Non mais vous ne savez pas, il devra dormir dans ma chambre et chez lui j’avais ma propre chambre avec ma salle de bain et mes toilettes et une télécommande pour ouvrir les volets ! Il va croire que chez moi c’est nul et qu’on est rien que des pauvres !”

“Ohlala, mais nooooon, il s’en fiche, j’en suis sûre, et je parie que tu t’ennuyais seul le soir dans la chambre, et puis les volets électriques, c’est nul, ça se casse tout le temps et puis tu arrêtes de geindre pour si peu eeeet où tu vas toi reste ici leur train arrive et ce n’est pas le moment d’aller acheter ce magazine stupide ni un Mars tu viens de déjeuner !!!”

“Ah, madame, je voulais vous dire, moi je ne vais pas être gentille avec ma corres’.”

“Ah bon ? Et pourquoi, je te prie ?”

“Moi, quand j’étais là-bas, la mienne elle ne me parlait pas, elle restait tout le temps avec son mec et moi je devais tenir la chandelle et j’en ai marre !”

“Bon, eh bien là elle vient sans son mec et tu vas me faire le plaisir d’être accueillante et si j’apprends que tu te conduis mal, ça va mal se passer !”

Ca y est, c’est l’heure ! Le train arriiiive, venez tous là ! Mais….où est Paul, il n’est pas là ? Comment ça, vous croyez qu’il est malade ? Et son correspondant, il y a pensé ?

Heureusement que nous vivons à l’époque des portables… J’appelle en catastrophe mon lycée. “Quelqu’un aurait-il des nouvelles de Paul R. ? Pardon ??? Il a une méningite ? Je suis sur le quai de la gare et son correspondant va arriver d’un instant à l’autre, alors j’en fais quoi, moi ?? Je le jette discrètement sur les rails ? Je lui dis que la France n’a pas voulu de lui ? On le sème dans les transports en commun ? Oui, j’attends que tu me rappelles, je ne vais pas jeter mon téléphone tout de suite, ça se trouve il va encore servir, tiens !”

DDDRRRRIIING ! “Madaaaaame, votre téléphone il sonne ! Vous nous direz qui c’est ?”

“Le Saint-Esprit, petit diablotin !”

“Mais comment ça, les parents ont OUBLIE l’arrivée du correspondant, ils avaient d’autres soucis !!! Mais c’est incroyable, ça !! Bon, je le ramène au lycée et il faudra rapidement lui trouver une autre famille. Bonjour l’image qu’on donne de nous… Méningite ou pas, il va m’entendre, Paul, à son retour !!

“Madame, mais où il va dormir le corres’ de Paul ?? C’est super grave, non ? Mais il a quoi Paul exactement ?”

Tuuuuuut ! Le train est arrivé et déjà des retrouvailles ont lieu, des rires, des cris, des “hallloooo”, des bisous (les Allemands ont l’air de bien aimer l’habitude française des bisous, certains élèves allemands viennent même m’en faire, ils pensent que c’est normal ! Mes élèves, ça les fait bien rire !) ,deux qui se parlent à peine (elle va me faire le plaisir de …!!!) ,et ….un garçon tout seul, juste accompagné du professeur allemand. J’hésite… Le professeur allemand ne regarde pas… Je pourrais le pousser ? Bon, d’accord, d’accord, je ne le fais pas !!!! Je me lance dans des explications, méningite foudroyante (je ne sais même pas si ça peut être foudroyant, une méningite, eux apparemment non plus…) mais bien sûr, je lui ai trouvé une autre famille qui va l’accueillir ! Aaaaargh, j’espère qu’ils sont entrain de se démener dans mon école !!!

Ouf, en arrivant avec tous ces zouailles au lycée, j’apprends qu’une famille a gentiment accepté de l’héberger.

Quel calme tout d’un coup… vous ne trouvez pas ? Rassurez vous, cela ne va pas durer…

Les élèves allemands passent leurs journées à visiter la ville (vous avais-je dit que nous faisons également office d’agence de voyage ?), rarement accompagnés des Français, qui, eux, ont cours jusqu’à 17h et qu’on ne libère pas des cours sous prétexte qu’ils ont des correspondants… ce dernier point exaspère nos collègues allemands. Reconnaissons-le, en matière d’accueil, nous avons beaucoup à apprendre. Nous voulons bien faire des échanges, mais hors de question de changer les habitudes scolaires : aucun contrôle supprimé, aucun allègement de la charge de travail, pas d’accompagnement des Allemands lors des visites (en dehors du mercredi après-midi…) Il est vrai que les élèves viennent de différentes classes, donc au niveau de l’organisation générale, ce n’est pas évident.

Les élèves allemands ont également quelques cours à l’école, dispensés en langue française. Après tout, ils sont là pour apprendre le français ! Des professeurs volontaires se chargent de les assurer. Dur dur de trouver des volontaires… Pourquoi ? Parce que pour faire cours à des élèves allemands, il vaut mieux avoir les nerfs solides !! Ah, ils sont souvent sympathiques, la question n’est pas là…

J’entre en classe et j’ai l’impression d’être dans la cour de récréation, ça papote, ça rigole, c’est assis, debout. Ils me voient et un long “halloooo” se fait entendre. Oui, oui, hallo aussi, mais chut, nous ne sommes pas seuls dans la maison, chuuut ! Chut, silence s’il vous plaît. RUHE JETZT ! Oups, ok, ils ont compris. Ils semblent tout étonnés. Quoi ? On élève la voix contre eux ?? J’ai à peine le temps de commencer mon cours qu’ils sortent cannettes et bonbons ou sandwich de leurs sacs. “Je ne sais pas chez vous, mais ici, on ne mange pas pendant les cours, alors vous allez me ranger tout ça vite fait et… oui, non, mais pas ici ! Ah, non, boire, ça compte aussi !! Comment ça, tu as faim ? Moi aussi, tiens, mais j’attends un peu.”

Que c’est fatigant ! Hilfe ! Par contre, j’apprends beaucoup de choses… Ce qui les dérange le plus en France ? C’est qu’ils ne voient jamais leurs correspondants qui rentrent tard de l’école (eux n’ont pas cours après 14h) , qu’ils ont encore du travail le soir et aussi le week-end (dire que les profs pensent que leurs élèves ne travaillent jamais, hihi, voilà bien la preuve du contraire !). Ils se plaignent également du manque de liberté, qu’ils ne sortent pas assez le soir (encore heureux, une fois nous avons eu un coma éthylique et nous avons bien failli le perdre, on en frissonne encore…surtout que l’histoire ne s’arrête pas là, il faudra que je vous la raconte un jour !) et que il n’y a “jamais personne à la maison”. Et oui, les parents français rentrent bien tard du travail, tous les deux.

Par contre, personne ne s’est jamais plaint d’un appartement trop petit, ni d’une salle de bain qu’il devait partager, ni d’un chien enragé,ni d’absence de volets roulants élctriques ! Le correspondant de Paul semblait content de son séjour, et les deux pestouilles se sont réconciliées, normal, la petite Allemande a du oublier son chéri en Allemagne, elle en a trouvé un autre parmi les Français qui faisait partie de la bande d’amis de sa correspondante, hourra ! Vive les relations franco-allemandes ! :)

Le professeur idéal ?

Publié dans Non classé le 7 janvier, 2008 par nathastar

1) Il termine ses cours dix minutes après la sonnerie si bien que les élèves n’ont plus d’interclasse et le professeur suivant fulmine devant la salle de classe.

2) Il rend les copies plus d’un mois après le contrôle car il n’avait pas le temps de les corriger, il était débordé !

3) Quand il finit par les rendre, elles sont constellées de tâches de café ou sentent le tabac froid.

4) Il engueule ses élèves pour une minute de retard mais se permet, lui, d’arriver dix minutes après le début du cours en hurlant : “Silence !!! Je vous entends depuis l’autre bout du couloir !!!”

5) Il est absent lors de toutes les grèves, ce qui est rigolo de temps en temps mais consternant au bout d’un moment…

6) Il se plaint en permanence devant ses élèves de ses mauvaises conditions de travail, de son salaire médiocre. Il ne voit pas pourquoi il se donnerait du mal pour eux vu ce qu’il encaisse en fin de mois.

7) Il ne maîtrise pas son sujet, bafouille, se contredit, ne trouve pas la solution d’un exercice, s’énerve.

θ) Il fait sans arrêt des interrogations surprise.

9) Il a des chouchous qui ont tous les droits et à qui il met systématiquement de bonnes notes et des boucs émissaires, éternelles victimes de sa mauvaise humeur.

10) Il note à la tête du client.

11) Il ignore que l’on peut acheter des déodorants dans les supermarchés et n’a pas encore investi dans une machine à laver.

12) Il porte toute l’année le même pull, le même pantalon, les mêmes chaussures.

13) Ce n’est jamais de sa faute, c’est toujours la faute de l’élève. Par principe.

14) Il refuse systématiquement d’accorder une mention positive sur le bulletin trimestriel pendant les conseils de classe.

15) Il ne parle pas, il hurle. Il n’explique pas, il vocifère. Il répète sans arrêt qu’il en a assez de répéter.

16) Il est dépressif et raconte sa vie en long et en large à sa classe.

17) Il ne finit jamais le programme car il a traîné toute l’année et va tellement vite le dernier mois, à grand renfort de polycopiés, que plus personne ne suit.

1 8) Aucun élève ne veut s’asseoir au premier rang, car il postillonne.

19) Il pense que les élèves n’ont qu’une seule matière à l’école : la sienne !

20) Toute ressemblance avec une personne connue serait purement… quoique !! :)

Inspection générale !

Publié dans Non classé le 2 janvier, 2008 par nathastar

Cette année là, je le savais, j’allais me faire inspecter. J’avais obtenu la partie théorique du concours, il fallait à présent le valider par une inspection. Sachez qu’aucun prof n’aime se faire inspecter, alors que pour ne rien vous cacher, on ne risque pas grand chose… Si, on peut être mal noté, cela va retarder votre avancement, donc l’augmentation de votre salaire (je ne préfère pas m’étendre sur ce sujet…) Bref, si vous ne faites pas n’importe quoi, si vous ne torturez pas un de vos élèves (même si cela vous démange gnark), si vous êtes à peu près normal et pas complètement névrosé, tout devrait bien se passer. Il n’empêche, ce n’est pas une partie de plaisir et moi je jouais quand même l’obtention définitive de mon concours, au secours !

J’avais des classes agréables dans l’ensemble et vraiment cela aurait été la faute à pas de chance si l’inspectrice était venue dans ma classe de 1ère… Non, sur sept classes au total, pourquoi viendrait-elle dans celle-ci ? Il faut que je vous dise que dans cette classe il y avait un élève que je ne pourrai jamais oublier… Il s’appelait V. et il était parfaitement odieux. Odieux ? Non ! Pire ! Ils étaient 32 dans cette classe (des deuxième langue) et à lui tout seul il détruisait le cours. Etait-il méchant ? Je ne crois même pas… Il était totalement associal, impénétrable, imprévisible. En cours, il se levait, parlait à voix haute, se mettait à chanter, à grimper sur une table et faire mine de sauter par la fenêtre (aurais-je dû le pousser ?), me répondait en anglais alors que je lui parlais en allemand, me faisait même des devoirs en anglais, ou dans une langue qui n’a pas encore été découverte jusqu’à aujourd’hui (amis chercheurs….), éclatait de rire sans raison… Rien n’y faisait, j’avais TOUT essayé : la gentillesse, la menace, la convocation des parents (qui étaient désespérés), les devoirs supplémentaires, l’indifférence, l’humour (oui, oui, j’en avais encore !). Pourquoi il était encore dans l’établissement ? Aucun autre n’en voulait, voilà pourquoi, et nous avions eu ses multiples frères et soeurs, il fallait se traîner le petit dernier jusqu’au bout, amen ! Mes autres collègues en souffraient tout autant, (sauf ceux qui vous racontent que chez eux il est PARFAIT, vraiment, il ne pose AUCUN problème, ben ouais, tiens, je vais te croire espèce d’hypocrite !) sauf qu’aucune inspection ne les menaçait…

Et voilà, je reçus le courrier m’annonçant l’arrivée de l’inspectrice mercredi à 9h30. A 9h30, le mercredi, j’avais cours en 3ème. Bien ! Ouf !! J’étais tellement soulagée que j’en avais oublié d’avoir peur, tiens ! Génial ! Je vais être inspectée en 3ème, hourra !!! Euh… On se calme matelot !

Le jour J, à 9h30, pas d’inspectrice en vue. J’étais tendue, les élèves encore plus stressés que moi (c’est contagieux). 9h35, toujours pas d’inspectrice… je commence mon cours normalement, toutes les 30 secondes un élève qui demande si c’est normal et qu’est-ce qui se paaaaaasssseee madaaaaaaame ? Non mais ils vont se taire ces schtroumpfs, sinon je les passe par la fenêtre ? 9h45, toujours rien… Je savais que parfois certains inspecteurs arrivent un peu en retard pour déstabiliser le prof (sympaaaa la technique !), mais là, le retard commençait à être conséquent… 10h, toujours rien. Etrange, bizarre. L’heure se termine et je vais directement chez mon chef d’établissement, passablement énervée et j’en passe et des meilleures… Car des histoires avec les inspecteurs, il y en a autant que d’inspecteurs… Une de mes collègues n’avait jamais reçu son rapport d’inspection, elle apprit plus tard que l’inspecteur était décédé le jour même où il l’avait inspectée, alors bien sûr, il n’avait plus eu le temps de rédiger son rapport, dommage. Une autre me racontait que l’inspectrice a trouvé le moyen de se casser la jambe à la fin du cours qu’elle inspectait alors que ma collègue la raccompagnait au bureau du directeur…Bravo !

J’appris que l’inspectrice venait d’appeler au lycée pour dire qu’elle avait eu un empêchement et qu’elle viendrait vendredi à 11h30 … Devinez… Oui… Le vendredi à 11h30, j’avais cours en …1ère !!! Horreur !!! Non !!! Me faire ça, à moi, mais ce n’est pas possible, c’est trop injuuuuste ! (Je mets mon chapeau Calimero.) Et en plus je ne les revoyais plus, mes 1ères, je ne pouvais même pas demander à V. de se tenir à carreau. De toutes façons, je le sais bien, cela n’aurait servi à rien… Vendredi arrive. Je rentre en classe, quelques secondes après le chef d’établissement entre avec l’inspectrice, les élèves se lèvent tout de suite, au garde à vous, ils ont bien été dressés, ah, les braves petits ! L’inspectrice semble étonnée, elle doit en voir de toutes les couleurs dans les nombreux établissements qu’elle visite… Le cours se passe très bien, les élèves sont actifs, drôles, sympas, une mauvaise lève tout le temps la main, c’est inhabituel, mais elle m’a dit qu’elle a fait ça pour faire illusion devant l’inspectrice (les inspecteurs aiment les classes actives), trop sympa la fille !

Et V. dans tout ça ??? Vous n’allez pas me croire, mais c’est pourtant vrai… il était absent ce jour là !!!!!

Quand il a appris par la suite qu’il avait raté mon inspection, il a éclaté de rire, il était triste d’avoir loupé ça, pas autant que moi par contre, haha !!!

L’élève idéal ?

Publié dans Non classé le 18 décembre, 2007 par nathastar

1) Un élève ne rit pas, un élève éclate de rire bruyamment.

2) Parler à voix basse, chuchoter sont des mots qui ne font pas partie de son vocabulaire.

3) Un élève ne marche jamais à une allure normale dans un couloir. Il court.

4) Il y en a toujours au moins un qui fait tomber sa chaise quand il s’agit de la descendre de la table.

5) Ils pensent qu’il n’ y a qu’eux qui viennent à l’école pour travailler, nous, on vient pour les embêter.

6) Un prof est prof, et c’est tout. Il n’a pas d’amis, pas de famille, pas de parents.

7) Un prof, ça ne pense qu’à travailler même pendant toutes les vacances.

θ) Si un élève a une mauvaise note, c’est forcément parceque le prof le déteste. Jamais parce qu’il n’a pas travaillé.

9) Il n’a pas entendu son réveil ? Impossible ! Ce n’est pas de sa faute mais de la faute aux embouteillages, au bus, à la grève, à ses parents, à la voisine.

10) Un élève ne dit jamais qu’il n’a pas fait son tavail. Il l’a oublié chez lui mais vous juuuuure qu’il l’a fait.

11) Un élève ne copie pas !!! Il a juste exactement le même cerveau que son voisin de table.

12) La météo fait partie de ses préoccupations favorites. Oh, madaaaaaaaaaaaaaame, vous avez vu, il neige ! Aaah, il pleut !! Plotchplitch sur la fenêtre. Il fait trop chaaauuud ! Vous avez vu comme il fait froid ? (Non ! La madaaaame a transplané pour venir !)

13) Un élève a la fâcheuse tendance à confondre : “les vacances approchent” et “les vacances sont là”.

14) Un élève n’attend pas qu’on lui donne la parole pour s’exprimer, il prend la parole quand il a quelque chose à dire. (Et même quand il n’a rien à dire.)

15) Il ne parle pas fort quand on l’interroge sous pretexte qu’il a mal à la gorge mais hurle dans le couloir.

16) Tout élève qui se respecte a un besoin irrépressible de détruire : le materiel, son cahier, les toilettes, la trousse de son voisin, les livres de la bibliothèque, sa carte de cantine, mais ce n’est jamais de sa faute.

17) Dans sa classe, un prof est obligé de répéter en moyenne trois fois chaque info. Et de l’écrire une quatrième fois au tableau.

1 8) Tout ce que un prof ne dit qu’une fois, voire deux, va être déclaré comme n’ayant jamais été dit. (Vous ne l’avez pas dit, je vous juuuuure madaaame !!!)

19) A chaque approche de conseil de classe, un élève devient sage et lève la main pour qu’on lui mette dans le bulletin : “Des progrès en fin de trimestre, c’est encourageant !”

20) Un élève, c’est aussi sympa, touchant, drôle, doué, malin, ponctuel, spirituel, et tout simplement attachant ! Ah, que ferions nous sans eux ?? :)

Laissez moi dormir !

Publié dans Non classé le 14 décembre, 2007 par nathastar

Tous les ans c’est la même chanson quand on arrive en Allemagne. Plus le train s’approche de la destination, plus les élèves se calment et plus les autres passagers respirent. C’est même eux qui s’agitent à présent ! Non mais ! Ca se lève, ça parle fort, ça papote au téléphone : “Oui, le train entre en gare dans quelques minutes, tu m’attends en bout de quai ?” , ça récupère les bagages. Ils se vengent ou quoi ? Mais taisez-vous ! Je compte, moi !

Pourquoi mes petits diables sont si calmes ? Parce qu’ils ont peur ! Parce qu’ils sont intimidés ! En principe, tout se passe bien dans les familles de leurs correspondants. Oui, en principe… sauf parfois… Et ce parfois, c’est tous les ans. Jamais de répit? Jamais .

Le lendemain de l’arrivée , Pierre, un garçon pas particulièrement difficile (c’est déjà énorme !) vient me voir tout affolé. “Madame, je ne peux pas rester chez mon correspondant, c’est impossible, je veux rentrer.” Allons bon, qu’est-ce qui se passe ? Je dois faire preuve de psychologie à présent. Parceque pendant les échanges, c’est comme pour les réunions de parents d’élèves ! J’ai beaucoup de casquettes ! Je suis tantôt la prof (Madaaaaaame, ça veut dire quoi “das ist voll geil ?”) , tantôt la psy (il y a toujours des élèves qui sont seuls et qui s’accrochent à moi comme à une bouée de secours, allez, viens mon petit, mais noooooon, personne ne te déteste, qu’est-ce qui te faire dire ça ?) , tantôt la maman (qu’est-ce que ça pleure un jeune ado !! Je n’ai pas le souvenir d’avoir tellement pleuré, en tout cas pas devant mes profs !)

Bref, revenons à Pierre, qui est de plus en plus inquiet et qui essaie de garder son calme. “Il y a des scorpions et des mygales dans ma chambre.” Aarrgh ! Gloups ! Je préfère les souris, moi …

“Mais voyons, Pierre, tu dis nimporte quoi, on est en Allemagne ici et ce n’est pas aussi exotique que tu veux bien me le faire croire et tu as fait un cauchemar et maintenant j’en ai assez et on est parti ! 1, 2, 3, 4 (Je compte ! Ne me déconcentrez pas !)”

“Madaaame, non mais je vous jure, c’est vraaaiii, y en a partout !” Le son de sa voix m’interpelle… Il n’a pas l’air de raconter des salades. Bon, je lui promets de m’en occuper plus tard. Renseignements pris, je suis quand même toute retournée, dans la chambre d’amis il y a en effet des collections de ces charmantes bestioles qui grouillent et si j’ai bien compris, il y a aussi une histoire de lumière qui reste allumée et une température à garder pour les serpents. Oui, les serpents… Les serpents !! Hop, un coup de fil, deux coups de fil et voilà Pierre relogé dans une autre famille où il y avait un… chien ! Mais ça, ça ne l’a pas dérangé ! Bizarre, pendant toute la durée du séjour j’avais l’impression d’en voir partout, des scorpions, plocplocploc pique !

Je me souviens également d’une autre histoire que j’ai du résoudre. Visite d’un musée, taisez-vous, prenez des notes, écoutez le guide, on ne mange pas dans les musées, crache ce chewing-gum, non, pas par terre, les toilettes c’est pour plus tard, comment ça c’est urgent, DRRING !! Qui n’a pas éteint son portable ? Oops, c’est le mien, je reconnais ma sonnerie, bon, je prends un air sérieux et tragique devant leurs petits sourires coquins ! Je tiens à préciser qu’on n’éteint jamais son téléphone quand on est avec des élèves à l’étranger, il faut rester joignable à tous moments.

“Bonjour Madame, je suis la maman de Céline. Je suis très inquiète pour ma fille et si vous ne la changez pas tout de suite de famille, je viens la chercher immédiatement !” Du coin de l’oeil, je regarde Céline dans le groupe, qui à l’air d’aller à peu près bien, non, pas de traces de coups, là voilà même qui rigole, mais ce n’est pas vrai ça, chut, bande de catastrophes !

“Allo, excusez moi, je ne comprends pas, Céline ne m’a pas parlé, elle a l’air d’aller très bien, que se passe-t-il ?”

“Ecoutez madame, dans sa famille, il y a deux femmes qui vivent sous le même toit, et nous ne voulons pas donner cet exemple à notre fille et nous ne tolèrerons pas que..”

“Ah bon ? Mais qui vous dit que, et quand bien même, enfin, c’est sans doute…euh, une tante ? Une amie ? La marraine ?”

“Ah bon, une amie ou une tante qui dort dans la même chambre ? Qui vit là en permanence ? Alors que la maison est toute grande ? C’est inacceptable !”

J’avoue que cette histoire m’ennuie… beaucoup même, la petite correspondante de Céline a l’air sympathique et lui retirer Céline est délicat, sous quel prétexte ? C’est odieux ! En même temps, les responsables de Céline sont ses parents et ils ont l’air gratinés ceux-la encore…

“Bon, écoutez, je vais voir ce que je peux faire, je vous tiens au courant.”

J’ai appelé le responsable de l’échange pour me renseigner, et oui, en effet, la maman de la correspondante vit bien avec une autre femme. Aargh, faut trouver une solution, un mensonge, un arrangement !! Ils m’ont vraiment ennuyés les parents, car les larmes de la petite Allemande, je ne suis pas prête à les oublier ! Tiens, je préfère encore les scorpions!

Et puis il y a tous les autres.. : Les pourris gâtés qui ne veulent pas partager la chambre, les difficiles, qui ne veulent pas dormir sur un matelas, les habitués aux bonnes, qui laissent tout traîner, ceux qui restent sous la douche pendant une heure et qui vident le ballon d’eau chaude, ceux qui ne mangent jamais à table et qui se gavent de bonbons, ceux qui sont pendus au téléphone tout le temps…

Allo, le service réclamations ??? C’est moi !! Pitié, laissez moi dormir un peu …

Der Apfel fällt nicht weit vom Stamm ou : ils ont de qui tenir !

Publié dans Non classé le 12 décembre, 2007 par nathastar

Les vacances de Noël approchent à grands pas et déjà je pense à la rentrée, car en janvier nous avons les réunions de parents d’élèves ! Des réunions interminables où vous jouez un nombre incalculable de rôles différents en l’espace de quelques heures : psychiatre avant tout… Les confidences vont bon train et vous parlez de tout, sauf de l’élève !

Il y a le rôle de curé aussi. Celui là, il me va comme un gant, héhé … Comment ça je suis une femme et je ne peux pas jouer le rôle de curé ? Mais parfaitement je peux, non mais ! Je ne donne pas l’absolution, c’est tout ! Mais je souris, je compatis, je rassure, je comprends, je partage, je fais preuve d’empathie … Et la soirée passe et j’ai encore 32 parents à voir…Et je pense à mon vernis à ongle que je dois refaire, à mon homme, avec qui j’aimerais bien être ailleurs , à … STOP ! Oui, oui, je suis là…

Le rôle d’écouteur aussi, tiens c’est le plus fréquent celui-là. “Bonjour madame, je suis la maman de N, je sais ce que vous allez me dire, mais il faut que vous sachiez qu’il grandit beaucoup en ce moment et il fait beaucoup de sport et son petitfrèrepleurebeaucoupetsonpaparentretaaaard et patati et patata, oups, pardon, je n’écoutais plus …”

Parfois je joue le rôle de prof, et oui, je tombe sur quelqu’un à qui je dois tout apprendre… “Bonjour Madame, vous êtes son professeur de maths ?” . “Euh… non, son professeur d’allemand, regardez, mon nom est écrit en grand sur la table, devant vous.” “Oh ! excusez moi ! (gloussements, clic clic des bijoux, relent de parfum ) ” “Ah oui ! M. fait allemand en 2ème langue, oui oui, excusez moi !” Non mais qui c’est cette bouffonne ?? Déjà elle a de la chance que je me souvienne du nom de tous mes élèves , elle pourrait au moins faire l’effort de se rappeler que son enfant fait allemand en 1ère langue… DRRING DRRING Son portable l’appelle. La pauvre, déjà qu’elle a l’air de ne pas savoir comment s’appelle son propre enfant, elle va en plus devoir se confondre en excuse parcequ’elle a oublié de couper son téléphone. Pardon ? Vous suggérez … ? Non, elle n’osera pas… SI, elle ose : “Allooo ? Non, tu ne me déranges pas trop, non, vas-y !” Petit regard vers moi, petit sourire, clic clic clic les bijoux, snifsnif le parfum , clac clac le stylo ..

Dans le lot, il y a les parents “normaux”, ceux qui n’excusent pas tout, ceux qui veulent vraiment savoir, ceux qui vous écoutent sincèrement, ceux qui sont vraiment aimables, ceux qui savent de qui on est entrain de parler, ceux qui sont lucides.

Les enfants des parents séparés sont divisés en trois catégories : ceux dont je vois le père, ceux dont je vois la mère, ceux dont je vois les deux ensembles et qui pour l’occasion ont enterrés la hâche de guerre. Merci merci merci à ceux-là ! Rares sont ceux qui prennent deux rendez-vous, par exemple 18h avec le père et 20h avec la mère. Cela arrive, mais bon, je ne vais pas non plus y passer la nuit, alors en principe je ne prends qu’un rendez-vous par enfant.

L’année dernière, je suis à installée à ma table et j’attends le client ;) J’ai rendez-vous avec M. et Mme D. , parents de J. , un élève très faible et perturbé de ma classe de 2nde. Je suis impatiente de voir les parents de cet élève et curieuse aussi. Souvent on comprend tellement de choses après avoir vu les parents…

Je les vois arriver, ils ne sont pas souriants, tiens , ceux là… Ils prennent place côte à côte en face de moi.

Elle : Comment il travaille, J., je n’ai pas encore eu son bulletin entre les mains ? Vous comprenez, le bulletin arrive chez son père et le père ne me le montre pas, c’est toute une histoire pour enfin y arriver !

Lui : Comment il se comporte en classe, J., il habite chez sa mère et à chaque fois que je le récupère, il est complètement perturbé ?

Oh non, pas ça ! Si ? Règlements de compte devant moi ? Je dois trancher à la fin ? Ils ne s’écoutent même pas parler ?

Je réponds à la mère : “Il a eu 07/20 à son dernier contrôle, il n’apprend pas assez ses leçons.”

Lui: Vous n’avez pas rendu un contrôle dernièrement ? Quelle était sa note ?”

Moi: “Oui, je viens de dire à madame que son dernier contrôle …”

Lui: “Pardon ? Vous savez, avec sa mère, il passe son temps devant la télé, elle ne le fait pas travailler alors que quand il est chez moi…”

Ok ok, je réponds à toutes les questions deux fois, et puis zut quoi à la fin, demain je fais une interrogation dans cette classe, et je mettrais 15 à cet élève parceque il y a de quoi devenir dingue avec des parents pareils, non ?

Le père suivant était un homme très âgé, très classe, très digne, Monsieur de machin de chose de demain matin de bonne heure. Il s’avance, digne, droit, me serre la main, je suis même un peu intimidée, il prend place et à ce moment là, croyez le moi, la chaise s’écroule et le voilà tout rouge et tout confus par terre !! La crise de fou rire remontait encore pendant des jours et des jours…

Oh oui, j’attends avec impatience les réunions de parents de janvier… A quoi vais-je avoir droit ? Je vous le raconterais, promis !

Parfois j’aimerais bien être une petite souris…

Publié dans Non classé le 7 décembre, 2007 par nathastar

Chargée comme un mulet, je pars en classe de 4ème, à l’autre bout de l’établissement. Mon sac sur l’épaule (il pèse une tonne : deux paquets de copies, pas encore corrigés, l’horreur… ; deux livres, et je vous dispense du reste, mais une fille a la fâcheuse tendance à trimballer la moitié de son appartement dans son sac. Avec mon homme j’ai pourtant appris à voyager léger ! Siiii, c’est vrai !!), dans la main mon magnétophone à cassette. Oui, vous avez bien lu, cassette : ça existe encore. Ces trucs là, où la bande reste parfois coincée dans le mécanisme.. Ca vous rappelle des souvenirs ?

Aujourd’hui, je teste “la compréhension de l’oral”. Ma classe de 4ème m’attend, quand je rentre dans la salle j’ai mes “adjoints” qui se précipitent pour me débarrasser de l’antique appareil. Moi, je monte sur l’estrade, je les regarde, les scrute, les observe, prends la température et prononce l’eternel “Setzt euch !”

“Madaaaaame, on va utiliser la cassette aujourd’hui ?” Ben non voyons ! J’adore sortir mon magnétophone à cassette ! Il s’ennuie tout seul dans son placard dans la salle des professeurs. Les autres rigolent, traitent l’autre de bouffon !

“Bon, prenez vos cahiers d’acitivités page 34. Avant d’écouter le texte, lisez les questions pour voir si elles sont bien claires pour tout le monde.”

Dans le désordre, je vous donne les questions les plus fréquentes et les plus récurrentes des charmants bambins :

“C’est quelle page déjà ?” (page 34, c’est écrit au tableau. C’est des chiffres, c’est pas de l’allemand, tu peux comprendre, gros malin, va)

“Madaaame, c’est dans le livre ou dans le cahier d’activités ? ” (D’après toi ?)

“Madame, je ne trouve plus mon cahier d’activités ! Je crois qu’on me l’a volé !”

“Madame, j’ai pris mon cahier d’anglais, j’ai confondu avec le cahier d’allemand, c’est la même couverture !” (Tu viens me voir à la fin de l’heure, tu accepteras dignement ta punition éspèce d’horrible garnement)

“Madame, c’est quelle page déjà ?” (La Madame, elle met la cassette en route et se fiche des questions suivantes, non mais !)

Cette classe est une classe sympathique et assez travailleuse (mais comment ça, vous avez eu une autre impression ?? Détrompez vous ! Une classe qui ne travaille pas se comporte autrement, j’ai ça en stock aussi, ce sera pour une autre fois)

Stylo en main, silence, écoute, concentration. Ah, les braves petits !

J’interromps régulièrement la cassette pour vérifier les réponses, tout se passe à merveille. A merveille ? Le silence ne devient-il pas presque suspect ? Et pourquoi n’ont ils plus le nez plongé dans leur cahier d’activité ? Mais que regardent-ils donc de façon aussi insistante ? Non, ils ne me regardent pas dans les yeux, ils ont le regard rivé à mes pieds… Les élèves du dernier rang ont saisi quelquechose et soulèvent un peu leurs fesses pour voir ce qu’ils ne voient pas encore…

A mon tour, je baisse les yeux, et … que vois-je à mes pieds, debout, ME regardant ?? Une souris !!!! Je vous rassure, ces bestioles ne m’affolent pas et non, je ne suis pas devenue une prof hystérique grimpant sur la chaise ! La petite bestiole écoutait gentiment la cassette et n’avait pas l’air de s’en faire. Un mouvement trop brusque de Paul au premier rang l’a fait réagir et la voilà galoppant à toute allure et se réfugiant sous l’estrade ! Les élèves deviennent nerveux..

“Madaaaaaame, la souriiis, qu’est-ce qu’on fait ?? Madame, elle est partie sous l’estrade, ah non, je la vois, elle est là, elle est dans nos casiers, dans les livres ! Il faut l’attrapper !” Confusion générale.. cris, l’impression que je ne vais jamais reprendre les choses en main, grand moment de solitude.. Ohlala..

Les voilà tous debout à la poursuite de la malheureuse bête, qu’un gamin finit par attrapper. Il est parti avec, il l’a laissé courir sur la cour de récréation.

J’ai appris par la suite qu’un de mes collègues a laissé se reproduire des souris de laboratoire et que celles-ci ont pris le large un jour de relâchement de la surveillance.. Régulièrement nous voyions des petites souris au détour d’un couloir. Il parait qu’elles adorent les cables, surtout les cables des ordinateurs.. Help !

Une de perdue - comment la retrouver?

Publié dans Non classé le 4 décembre, 2007 par nathastar

Un samedi, un peu avant 7h à la gare . Départ du train prévu à 7h30. Des élèves, des parents, beaucoup d’agitation autour de moi. J’emmène des 4ème en Allemagne. Je suis fatiguée d’avance et en même temps ils me font sourire avec leurs angoisses.. Enfin pour l’instant je souris encore… Pourvu que ça dure!

7h15: Tout le monde est là , je crois. Je compte, je vérifie. Je dis  aux petits monstres d’aller s’installer à leur place et d’éviter d’ameuter toute la gare avec leurs hurlements stridents. Tiens, les parents ont l’air soulagé quand ils me les confient. De l’air!! Ouste la marmaille! ” Bon courage, madame” . Oui, du courage il en faudra à la madame.  J’ai ma liste entre les mains et il manque Audrey. Je fulmine. Ils peuvent pas être à l’heure ses parents, c’est incroyable quand même! Et pas de portable pour les joindre .. Audrey, une gamine sans histoire, assez timide, sympa. J’appelle une autre personne responsable dans mon établissement. ” Allo? Il est 7h15, le train part dans un quart d’heure, et il me manque une élève.. Pas d’autre accompagnateur. Je fais quoi , là????? ” ” Bon, tu montes avec les élèves et tant pis pour elle si elle n’est pas là, je vais essayer de joindre la famille et je te tiens au courant. “

7h25. Toujours pas d’Audrey à l’horizon et une meute de 25 têtes à calmer..Mais qu’est ce que je fiche là?? Au secours!!

7h26. ” Madame ,mais elle ne vient pas avec nouuuuus Audrey? “( grrrr, mais tais toi donc affreux  Gremlin!!!)

7h27 Qui est cette jeune fille qui court? Une lueur d’espoir. Mais non. Ce n’est pas elle. Asseyez vous pour l’instant , taisez vous.

7h27.. 28..29..30. Fermeture des portes! On est parti! Une heure après le départ, mon portable sonne. Ma collègue me prévient que les parents d’Audrey ont appelé. Ils ont eu du retard ( non, pas possible!! ) et Audrey arrivera par un autre train. Il n’y a pas davantage de précisons? Ok , j’attends des nouvelles.

Arrivée en Allemagne. Correspondants, déjeuner, installation. Toujours pas de nouvelles. Je retente d’appeler ma collègue, en vain. Que se passe-t-il? L’après-midi s’étire .

22h . Sans doute arrivera-t-elle demain. Je suis fatiguée et énervée. DRRRIING, yeahyeahyeah. Mon  portable me parle . ” Guten Abend, Bahnhofspolizei ..(nom de la ville). Sind Sie Frau..?” ( hein quoi, quelqu’un n’a pas compris?? Police!! Au bout du fil)  GLOUPS. Que me veut la police? Un élève a-t-il déjà fait une bêtise? Grave  à quel point? Pourvu que…non..

“Wir sind hier mit einer gewissen Audrey L.  Sind Sie die zuständige Person? “

Hein??? Pardon??? Quoi???? Vite! un taxi, je fonce à la gare. Et je vais chercher une Audrey en pleurs, ravagée, épuisée. Que s’est-il donc passé?

Explications (incroyable mais vrai). : Les parents ont mis Audrey dans le train suivant sans prévenir personne en affirmant à leur fille que j’allais venir la chercher. Ca leur semblait évident. ( A vous aussi???) Ils n’ont pas pris la peine de prévenir mon lycée pour que celui-ci me prévienne pour que je m’occupe d’elle. Arrivée en Allemagne même pas deux heures après le groupe, la gamine ne savait pas quoi faire et a attendu dans la salle d’attente .. Cela peut sembler stupide, mais n’oublions pas qu’elle est très jeune, qu’elle n’a pas de portable sur elle ( ce n’était pas encore aussi évident qu’aujourd’hui, je vous parle d’une période préhistorique là, il y a cinq ou six ans) et qu’elle ne parle pas (ou peu) allemand. La police a fini par trouver cette jeune fille dans la salle d’attente , en pleurs. Ils ont fini par obtenir d’elle le numéro de ses parents, qui ont prévenu le lycée, qui a donné mon numéro à la police. Et voilà. Bonjour la première impression pour cette jeune fille de l’Allemagne.

Elle a passé un agréable séjour , je l’ai vu rigoler dès le lendemain. Elle a eu de la chance, il ne lui est rien arrivé.

Je n’ai jamais eu un coup de fil des parents, ni des remerciements ou des excuses de leur part en rentrant. Je suis consternée…

Passeports? Quels passeports??

Publié dans Non classé le 1 décembre, 2007 par nathastar

Nous avons pris la mauvaise habitude de déresponsabiliser nos élèves. Comme nous les soupçonnons de ne pas être capable de se comporter en adulte, nous avons décidé qu’une fois montés dans le train (ou l’avion) , nous ramassons tous leurs passeports et nous leur donnons en échange une photocopie de celui-çi , s’ils devaient par malheur ne plus se souvenir de leur nom ou de leur adresse!

Je n’ai pas fait le dernier départ pour l’Allemagne. Une de mes collègues enseignant une autre matière accompagna le groupe et je devais venir la remplacer pour les trois derniers jours et m’occuper du voyage retour. Je suis donc arrivée un samedi dans la matinée et comptait repartir le lundi avec le groupe. J’ai croisé ma collègue, ma très chère collègue.. Nous avons des rapports courtois, polis, mais nous ne nous apprécions guère et là je reste calme … Mais elle avait accepté d’accompagner mes élèves et surtout , malgré tout le mal que je pense d’elle, je sais qu’elle prenait sa tache au sérieux.

Ma chère collègue donc, me confie l’argent ( nous partons avec du liquide pour payer les sorties, les musées etc), tous les papiers,  programmes de la semaine,  justificatifs, billets d’avion etc… et là voilà partie , youpi!!

Je passe un samedi agréable , sans élèves, ils sont dans leurs familles d’accueuil, je traîne dans  les magasins, regarde toutes ces jolies choses à l’approche de Noël ( Aaargh, horreur, vade retro société de consommations , dirait mon bibi ;)  ) . Samedi soir sortie avec les profs allemands, restaurant, assez sympa tout ça, tout va biiiienn. Ca ne peut pas durer… Si? Non.

Dimanche matin. Très tôt. Très très très tôt. DRRING, me dit mon portable. “DRRRIIING!! Mais lève toi, je ne prends pas les messages aujourd’hui, je n’ai pas envie! Après tout, je sers à relier des conversations, pas  à servir de…”

“DRRRRIIINGG yeahyeahyeah!”

“Ok, j’arrive, ok, je suis là. Je ne reconnais pas le numéro. ALLO?”

“Bonjour, c’est C. (ma collègue que j’adooore) . Bon, écoute, tu n’as pas oublié de me demander  quelquechose hier? “

“Nan, je ne vois pas, euh…ça va?”

“TU as oublié de me demander de te donner les passeports des élèves!!!! Ils sont dans ma valise!!Ils sont ici, en France!”

Mon sang ne fait qu’un tour.. Déjà, comment elle a présenté ça?? Ca va être de ma faute en plus? Mais quelle mauvaise foi, mais quelle plaie, celle-là! Mais il fallait bien qu’elle trouve une solution , et vite, nous partions le lendemain. Je l’ai envoyé à la poste qui est ouverte même le dimanche .( la grasse mat ce sera pour une autre fois!)

Coup de fil plus tard: la poste ne pouvait pas garantir que le paquet arriverait à temps le lendemain, on était dimanche quand même, les colis ne partent pas. Que faire ,que faire  ??

La journée du dimanche s’annonçait mal. Bon, je savais que je n’allais jamais récupérer ces passeports, je fonce donc à l’aéroport et commence les négociations avec le gentil monsieur au comptoir.

“Alors voilà, je vais revenir demain, mais voilà, nous allons être très nombreux et personne n’a son passeport ..”

“Ah bon? Et pourquoi? “

“C’est une longue histoire, mais bon, s’il vous plait, etc etc et blablabla”

Je crois qu’il a eu pitié le gentil monsieur et quand il nous a tous vu arriver le lendemain, il souriait jusqu’aux oreilles et les élèves étaient sages comme des images pour l’occasion. Je leur ai dis que de toute façon sinon ils restaient là et tant pis pour eux.

Je suis toujours un peu en colère contre ma collègue, même si entre temps elle a changé d’établissement. Par contre cela nous a servi de leçon! Les élèves gardent leur passeport avec eux, et c’est bien plus simple!!

Parceque j’en ai un autre de collègue qui devait accompagner des élèves en voyage de classe. Il est arrivé très en retard à la gare, TRES en retard.. On l’a appelé, il a eu une panne d’oreiller, tout le monde l’attendait sur le quai . Ils voulaient partir sans lui, sauf que… c’est lui qui avait les billets de train, arfff!

A la prochaine!